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Para nosotros de cultura francesa, el apellido Pagnol huele a Provenza, y utilizo a propósito la palabra oler, porque creo que, cuando pensamos en esta región del sur de Francia, las primeras sensaciones que nos llegan son olfativas: lavanda, timo, ajo, … Cuando se pronuncia la palabra Pagnol surge una determinada idea de Provenza, el acento típico, la presencia casi obsesiva del calor, los olivos, su sombra protectora y, sobre todo, una manera lasciva de vivir en compañía de una poesía que parece omnipresente. Todo eso lo sentimos porque conocemos la obra de Pagnol, sus libros, sus películas y sus actores Raimu, Fernandel, Chapin…

Recientemente me di cuenta de que en el mundo español era poco conocido. De hecho encontré pocos libros traducidos y películas subtituladas aunque, y es el mismo Pagnol que nos lo dice en el inicio de “La Gloria de mi padre”, primera parte de sus memorias, sea probablemente de origen español:

«Mi padre era el quinto hijo de un cantero de Valréas, población cercana al Orange. Hacía varios siglos que la familia se había establecido allí. ¿De dónde procedían? Sin duda, de España, pues encontré en los archivos municipales los apellidos Lespagnol y Spagnol. 

Además, fueron armeros durante varias generaciones, y templaban el acero de sus espadas en las aguas del Ouvèze, ocupación ésta, como todos saben, noble y española.»

Por todo ello, les propongo un extracto de “La Gloria de mi padre”, el trailer de la película “La hija del pocero” en la nueva versión dirigida por Daniel Auteuil, l’Arlesienne  de Bizet y este cuadro de Van Gogh.

El jardín del hospital de Saint Paul en Saint-Remy

Pour nous autres de culture française, le nom de Pagnol sent la Provence, et c’est exprès que j’utilise le mot sentir, car je crois que, quand nous pensons à cette région du sud de la France, les premières sensations que nous ressentons sont olfactives: lavande, ail, thym, …

Quand on prononce le mot Pagnol surgit une certaine idée de la Provence, l’accent typique, la présence quasi obsessive de la chaleur, des oliviers, de leur ombre protectrice et surtout d’une façon lascive de vivre en compagnie d’une poésie qui semble omniprésente. Tout cela nous le ressentons parce que nous connaissons l’oeuvre de Pagnol, ses livres, ses films et ses acteurs Raimu, Fernandel, Chapin…

Récemment je me suis rendu compte que dans le mondo espagnol il était peu connu. En fait je n’ai rencontré que peu de livres traduits et de films sous-titrés malgré que, et c’est Pagnol lui-même qui nous le raconte au début de “La Gloire de mon père”, première partie de ses mémoires, il soit probablement d’origine espagnole:

«Mon père était le cinquième enfant d’un tailleur de pierres de Valréas, près d’Orange.

La famille y était établie depuis plusieurs siècles. D’où venaient-ils ? Sans doute d’Espagne, car j’ai retrouvé, dans les archives de la mairie, des Lespagnol, puis des Spagnol.

De plus, ils étaient armuriers de père en fils, et dans les eaux fumantes de l’Ouvèze, ils trempaient des lames d’épées : occupation, comme chacun sait, noblement espagnole.»

Je vous propose donc un extrait de “La Gloire de mon père”, le film original complet “La fille du puisatier” de Marcel Pagnol avec Raimu et Fernandel, l’Arlésienne  de Bizet y un tableau de Van Gogh.

 Jean Claude Fonder


LA GLOIRE DE MON PÈRE (extrait)

La Gloire de mon père[…]
Dans les mois qui précédèrent ma naissance, comme elle n’avait que dix-neuf ans – et elle les eut toute sa vie – elle conçut de graves inquiétudes, et déclara en sanglotant que son bébé ne naîtrait jamais, parce qu’elle « sentait bien qu’elle ne savait pas le faire ».
Mon père essaya de la raisonner. Mais alors, elle disait, furieuse : « Quand je pense que c’est toi qui m’as fait ça ! »
Et elle fondait en larmes.
Quand le survenant se mit à bouger, elle eut des accès de fou rire, entre deux crises de sanglots.
Effrayé par ce comportement déraisonnable, mon père appela au secours sa sœur aînée. C’était elle qui l’avait élevé. Elle était (naturellement) directrice d’école à La Ciotat, et célibataire.
La grande sœur fut tout à fait ravie, et décida qu’il fallait sur-le-champ installer ma mère chez elle, sur le bord de la mer latine : ce qui fut fait le soir même.
On m’a dit que Joseph en fut charmé, et qu’il profita de sa liberté pour conter fleurette à la boulangère, dont il mit en ordre la comptabilité : voilà une idée déplaisante, et que je n’ai jamais acceptée.
Pendant ce temps, la future maman se promenait le long des plages, sous le tendre soleil de janvier, en regardant au loin les voiles des pêcheurs, qui partaient à trois heures vers le soleil couchant. Puis, près du feu où sifflotait la flamme bleue des souches d’olivier, elle tricotait le trousseau de sa bondissante progéniture, tandis que la tante Marie ourlait des langes, en chantant d’une jolie voix claire :

Sur le brick léger que le flot“balance,
Quand la nuit étend son grand voile 
noir…

Elle était maintenant rassurée, d’autant que son cher Joseph venait tous les samedis, sur la bicyclette du boulanger. Il apportait des croquants aux amandes, des tartes à la frangipane, et un sachet de farine blanche pour faire des crêpes ou des beignets, ce qui prouve bien que la boulangère n’avait pas à se plaindre de lui.
Ces gâteries, ce long repos, et l’air salubre de la douce Méditerranée transformèrent la jeune Augustine : elle avait pris de belles couleurs, et il paraît qu’elle chantait tous les matins, dès son réveil.
Tout s’annonçait donc le mieux du monde, lorsqu’au petit matin du 28 février, elle fut réveillée par quelques douleurs.
Elle appela aussitôt la tante Marie, qui décréta que ce n’était rien, puisque le docteur avait annoncé la naissance d’une fille pour la fin du mois de mars ; puis, elle ralluma le feu, pour mettre en route une tisane. Mais la patiente affirma que les docteurs n’y comprenaient rien, et qu’elle voulait retourner tout de suite à Aubagne.
« Il faut que l’enfant naisse à la maison ! Il faut que Joseph me tienne la main ! Marie, Marie, partons vite ! Je suis sûre qu’il veut sortir ! »
La douce Marie essaya de la calmer, avec du tilleul et des paroles. La passoire à la main, elle déclara que si l’événement se confirmait, elle irait en informer le poissonnier, qui descendait chaque jour à Aubagne vers les huit heures, et que Joseph viendrait, aussi vite que le vent, sur la machine à pédales.
Mais Augustine repoussa la tasse à fleurs, et se tordit les mains en pleurant à grosses larmes.
Alors, la tante Marie alla frapper aux volets d’un voisin, qui possédait un boghey et un petit cheval. C’était une époque bénie, où les gens se rendaient service : il n’y avait qu’à demander.
Le voisin attela son cheval, la tante enveloppa Augustine dans des châles, et nous voilà partis au petit trot, tandis que sur la crête des collines la moitié d’un grand soleil rouge nous regardait à travers les pins.
Mais en arrivant à la Bédoule, qui est tout juste à mi-chemin, les douleurs recommencèrent, et la tante, à son tour, s’affola. Elle serrait dans ses bras ma mère emmitouflée, et lui donnait des conseils :
« Augustine », disait-elle, « retiens-toi », car elle était vierge.
Mais Augustine, toute pâle, ouvrait des yeux noirs énormes, et transpirait en gémissant.
Heureusement, nous avions franchi le col et la route descendait sur Aubagne. Le voisin desserra son frein, qu’on appelait la mécanique, et fouetta le petit cheval, qui n’eut qu’à se laisser emporter par le poids de l’équipage. Nous arrivâmes tout juste à temps, et Mme Négrel, la sage-femme, vint en hâte délivrer ma mère, qui avait enfin planté ses ongles dans le bras puissant de Joseph.
[…]


LA GLORIA DE MI PADRE (extracto)

La Gloria de mi Padre RIALP[…]
En los meses que precedieron a mi nacimiento, como mi madre no tenía más que diecinueve años (que fue los que conservó toda su vida), experimentó grandes inquietudes y declaró, sollozando, que su niño no podría nacer, porque «presentía que ella no sabría hacerlo».
Mi padre intentó hacerla razonar, pero ella exclamó furiosa: «¡Cuando pienso que eres tú quien me ha hecho esto…!»
Y se deshacía en llanto.
Cuando el niño empezó a moverse, mi madre tuvo accesos de locas risas entre crisis de sollozos.
Profundamente inquieto ante tal estado de cosas, mi padre pidió socorro a su hermana mayor, que lo había educado y que era (cosa muy natural) soltera y directora de escuela de La Ciotat.
La hermana mayor quedó encantada y decidió que era preciso instalar inmediatamente a mi madre en su casa, que se hallaba a orillas del mar latino, cosa que hizo en el acto.
Me han dicho que Joseph se sintió feliz y que aprovechó su libertad para echarle flores a la panadera mientras ponía en orden su contabilidad. He aquí una idea que siempre me ha sido ingrata.
Entretanto, la futura mamá se paseaba por la playa bajo el débil sol de enero, contemplando las lejanas velas de los barcos pesqueros que partían a las tres hacia poniente. Después, cerca del fuego en que silbaban las anulosas llamas de los tocones de olivo, trabajaba en la canastilla del esperado niño, mientras tía Marie cantaba con su diáfana y bella voz:

Sobre el bergantín ligero que las olas mecen,
cuando la noche extiende su gran velo negro…

Ahora se sentía confortada, máxime cuando su querido Joseph acudía todos los sábados en la bicicleta del panadero, trayéndole guirlaches de almendra, tortas de mazapán y un saquito de harina para hacer buñuelos.
Mi madre tenía un color magnifico y ya se esperaba el alumbramiento más feliz del mundo, cuando al amanecer del día 28 de febrero despertó con algunos dolores.
Llamó en el acto a tía Marie, la cual afirmó que no podía ser nada de particular, puesto que el doctor había señalado el nacimiento de una niña para finales de marzo.
A continuación encendió el fuego para hacerle una tisana. Pero la paciente dijo que los doctores no sabían nada y que quería irse inmediatamente a Aubagne.
—¡El niño ha de nacer en casa! ¡Joseph tiene que sujetarme la mano! ¡Marie, Marie, vámonos ahora mismo! ¡Estoy segura de que quiere nacer!
La dulce Marie intentó calmarla con palabras y tila. Con la mano en el pestillo, manifestó que si se confirmaba el acontecimiento iría a informar al pescador que iba todos los días a Aubagne a eso de las ocho, para que avisara a Joseph y éste acudiese en la bicicleta raudo como el viento.
Pero Augustine rechazó la taza de tila, se retorcía las manos y lloraba desesperadamente. Entonces tia Marie fue a llamar a la puerta de un vecino que era propietario de un coche del que tiraba un caballito. Era aquélla una
bendita época en que las gentes se prestaban ayuda: no había más que solicitarla para recibirla.
El vecino enganchó su caballo, la tia envolvió a Augustine en su mantón, y el coche avanzó por el camino al trote corto de su caballejo, mientras desde la cresta de las colinas medio sol rojo nos contemplaba a través de los pinos.
Pero al llegar a Bédoule, que se encuentra justamente a la mitad del camino, los dolores comenzaron de nuevo y mi tía perdió la cabeza. Apretaba entre sus brazos a mi madre y le daba consejos.
—Augustine —le decía—, ¡aguanta! ella era virgen.
Pero Augustine, pálida como una muerta, abría sus enormes ojos negros, gemía y sudaba.
Afortunadamente habíamos franqueado el puerto y el camino descendía hacia Aubagne. El vecino aflojó el freno —el mecanismo, corno se le llamaba entonces— y dio un latigazo al animal, que no tuvo más que dejarse llevar del peso del coche. Llegamos con el tiempo justo para que la señora Negrel, la comadrona, asistiera al parto de mi madre, que al fin había clavado sus uñas en el poderoso brazo de Joseph.
[…]


La Joven ORQUESTA SINFÓNICA DE GRANADA, en el teatro municipal de Granada Isabel la Católica, interpreta bajo la dirección de MARIA DEL MAR MUÑOZ la suite “L’ARLESIENNE” de GEORGES BIZET.

Suite I

I. Prélude, Allegro deciso (the March of the Kings)
II. Minuet, Allegro giocoso
III. Adagietto
IV. Carillon, Allegro moderato (Expanded as indicated above.)

Suite II

I. Pastorale
II. Intermezzo
III. Minuet
IV. Farandole

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