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Dos enormes fotografías de pinturas barrocas ornaban las paredes de uno de los bares del barco. Estábamos de crucero. Una de ellas representaba “Los músicos” de Caravaggio, la otra, no nos acordamos de qué  pintor se trataba, aunque el estilo era muy similar. Lo que más nos fascinaba de ella era la mirada del personaje del sombrero situado al lado del dios Baco. Una mirada obsesiva y a la vez irónica que nos cautivaba cada vez que pasábamos delante de ella. Tomamos a menudo el aperitivo en ese bar.

Diego Velázquez, El triunfo de Baco (Los Borrachos) Museo del Prado, 1629

Deux énormes photographies de peintures baroques ornaient las parois d’un bar sur le bateau qui nous emmenait en croisière. L’une d’entr’elles représentait “Les musiciens” de Caravagge, l’autre nous ne nous rappelions pas quel peintre elle reproduisait, bien que le style était similaire. Ce qui nous fascinait dans celle-ci c’était le regard du personnage central avec chapeau qui était à côté du dieu Bacchus. Un regard obsessif et ironique tout à la fois qui nous captivais chaque fois que nous passions devant elle. Nous prîmes souvent l’apéritif dans ce bar.

Os propongo tres obras: “Los borrachos” de Diego Velázquez, “El borracho” de Guy de Maupassant y “Amsterdam” de Jacques Brel.

 Jean Claude Fonder

Le vent du nord soufflait en tempête, emportant par le ciel d’énormes nuages d’hiver, lourds et noirs, qui jetaient en passant sur la terre des averses furieuses.
La mer démontée mugissait et secouait la côte, précipitant sur le rivage des vagues énormes, lentes et baveuses, qui s’écroulaient avec des détonations d’artillerie. Elles s’en venaient tout doucement, l’une après l’autre, hautes comme des montagnes, éparpillant dans l’air, sous les rafales, l’écume blanche de leurs têtes ainsi qu’une sueur de monstres.
L’ouragan s’engouffrait dans le petit vallon d’Yport, sifflait et gémissait, arrachant les ardoises des toits, brisant les auvents, abattant les cheminées, lançant dans les rues de telles poussées de vent qu’on ne pouvait marcher qu’en se tenant aux murs, et que les enfants eussent été enlevés comme des feuilles et jetés dans les champs par-dessus les maisons.
On avait halé les barques de pêche jusqu’au pays, par crainte de la mer qui allait balayer la plage à marée pleine, et quelques matelots, cachés derrière le ventre rond des embarcations couchées sur le flanc, regardaient cette colère du ciel et de l’eau.
Puis ils s’en allaient peu à peu, car la nuit tombait sur la tempête, enveloppant d’ombre l’Océan affolé, et tout le fracas des éléments en furie.
Deux hommes restaient encore, les mains dans les poches, le dos rond sous les bourrasques, le bonnet de laine enfoncé jusqu’aux yeux, deux grands pêcheurs normands, au collier de barbe rude, à la peau brûlée par les rafales salées du large, aux yeux bleus piqués d’un grain noir au milieu, ces yeux perçants des marins qui voient au bout de l’horizon, comme un oiseau de proie.
Un d’eux disait:
– Allons, viens-t’en, Jérémie. J’allons passer l’temps aux dominos. C’est mé qui paye.
L’autre hésitait encore, tenté par le jeu et l’eau-de-vie, sachant bien qu’il allait encore s’ivrogner s’il entrait chez Paumelle, retenu aussi par l’idée de sa femme restée toute seule dans sa masure. … (+)

El viento del norte soplaba tempestuoso, arrastrando por el cielo enormes nubes invernales, pesadas y negras, que arrojaban al pasar sobre la tierra furiosos chaparrones.
El mar encrespado bramaba y azotaba la costa, precipitando sobre la orilla olas enormes, lentas y babosas, que se desplomaban con detonaciones de artillería. Llegaban suavemente, una tras otra, altas como montañas, esparciendo en el aire, bajo las ráfagas, la espuma blanca de sus crestas, igual que el sudor de un monstruo.
El huracán se precipitaba en el vallecito de Yport, silbaba y gemía, arrancando las pizarras de los tejados, rompiendo los sobradillos, derribando las chimeneas, lanzando por las calles tales rachas de viento que sólo se podía andar sujetándose a las paredes, y capaces de levantar a                                                                                           un niño como si fuera una hoja y de arrojarlo al campo por encima de las casas.
Las barcas de pesca habían sido sirgadas hasta el pueblo, por miedo al mar que iba a barrer la playa cuando subiese la marea, y algunos marineros, ocultos tras el redondo vientre de las embarcaciones tumbadas de costado, contemplaban a aquella cólera del cielo y del agua.
Después se marchaban poco a poco, pues la noche caía sobre la tormenta, envolviendo en sombras el océano enloquecido, y todo el estruendo de los irritados elementos.
Quedaban aún dos hombres, las manos en los bolsillos, encorvados bajo la borrasca, el gorro de lana calado hasta los ojos, dos corpulentos pescadores normandos, con una sotabarba áspera, con la piel quemada por las saladas ráfagas de alta mar, de ojos azules con una pinta negra en el centro, esos ojos penetrantes de los marinos que ven a lo lejos en el horizonte, como un ave de presa.
Uno de ellos decía:
-Hala, vente, Jérémie. ¿Qué tal si echamos una partida de dominó? Yo pago.
El otro vacilaba aún, tentado por el juego y el aguardiente, sabiendo perfectamente que iba a emborracharse una vez más si entraba en la taberna de Paumelle, contenido también por la idea de su mujer, que se había quedado completamente sola en la casucha. … (+)

(Guy de Maupassant, L’ivrogne)

Jacques Brel, Amsterdam escuchar